Résumé
Note de la rédaction
Rapport qualité-prix : bon plan ou fausse économie ?
Design sobre, pratique… mais zéro bouton
Solidité et fiabilité : est-ce que ça inspire confiance ?
Son, préamps et Wi-Fi : ça donne quoi en vrai ?
Ce que propose vraiment le X AIR XR16
Au quotidien : est-ce que ça simplifie vraiment la vie ?
Points Forts
- Format compact et léger, facile à transporter et à installer
- Contrôle complet via tablette/PC avec scènes, EQ, compresseurs et effets intégrés
- Très bon rapport fonctionnalités/prix pour un usage groupe ou petite asso
Points Faibles
- Wi-Fi intégré pas assez fiable en environnement chargé, routeur externe conseillé
- Tout passe par une appli, aucun contrôle physique, peut déplaire à ceux habitués aux vraies consoles
Caractéristiques
Voir la fiche produit complète →| Marque | Behringer |
| Dimensions du produit (L x l x h) | 33,3 x 14,91 x 14 cm; 3 kilogrammes |
| Numéro du modèle de l'article | XR16 |
| Couleur | noir |
| Interface du matériel informatique | USB |
| Style | Rembourré |
| Type de matériau | fil |
| Type d'alimentation | Comprimé |
Un petit boîtier qui remplace une vraie console ?
J’utilise le Behringer X AIR XR16 depuis quelques semaines pour des répètes de groupe et deux petits concerts (bar + salle associative). Pour situer, je viens de consoles analogiques classiques (Soundcraft, Yamaha) et j’ai déjà touché vite fait à un XR18 chez un pote. L’idée avec ce XR16, c’était d’avoir un truc compact, qu’on balance dans un sac, qu’on pilote à la tablette, et qui gère à la fois les répètes et les petits lives sans se prendre la tête avec des kilomètres de câbles.
Premier constat : c’est vraiment un boîtier et rien d’autre. Pas de faders, pas d’écran, tout passe par une appli (tablette, smartphone, PC). Donc si tu aimes tourner des vrais potards, ça peut faire bizarre au début. Par contre, niveau encombrement, c’est le jour et la nuit par rapport à une console 16 pistes classique. Je l’ai posé direct sur un ampli, sur une chaise, sur un flight, ça passe partout.
Sur le papier, pour le prix, ça fait envie : 16 entrées, dont 8 préamps micro programmables, effets intégrés, Wi-Fi intégré, enregistrement stéréo via USB… Clairement orienté petit groupe, bar, répète, voire petit home-studio. Mais comme toujours avec Behringer, la question c’est : est-ce que ça tient la route en vrai, et est-ce que ça ne te lâche pas au pire moment ?
Globalement, après quelques utilisations réelles, je dirais que le XR16 fait le job, avec des trucs bien pensés et quelques limites qu’il faut connaître avant d’acheter. Si tu t’attends à la même expérience qu’une console haut de gamme, tu vas tiquer sur certains points. Si tu cherches un outil pratique, pas trop cher et que tu n’as pas peur de bidouiller un peu dans les menus, ça peut être un bon plan. Je vais détailler point par point.
Rapport qualité-prix : bon plan ou fausse économie ?
Si on regarde ce que propose le XR16 par rapport à son prix, je trouve que le rapport qualité-prix est plutôt bon, surtout pour un groupe qui débute ou une petite asso. Pour le tarif d’une console analogique 16 pistes correcte + un rack d’effets de base, tu as ici une solution complète avec mix numérique, effets, compresseurs, scènes mémorisables et contrôle à distance. Rien que la possibilité de tout piloter depuis la salle, sans tirer un gros multipaire, ça évite du matos en plus et des galères de câblage.
Évidemment, il y a des compromis. Par rapport à un XR18 ou à des consoles numériques plus chères (Soundcraft Ui, Yamaha TF, etc.), tu as moins d’entrées micro, pas d’enregistrement multipiste via USB, et un Wi-Fi interne pas fou. Si tu sais déjà que tu vas avoir besoin de plus de canaux, de l’enregistrement multipiste sérieux, ou d’une fiabilité béton pour de la presta payante tous les week-ends, tu risques de regretter de ne pas avoir mis un peu plus au départ.
Pour un usage répète + petits concerts, par contre, c’est assez cohérent. Tu as suffisamment de canaux pour un groupe standard, des outils corrects pour faire un son propre, et tu évites l’achat d’effets externes, de compresseurs, de gros multipaires, etc. En gros, tu économises sur le reste de la chaîne en centralisant tout dans ce boîtier. C’est là que le XR16 prend son sens.
Donc, pour moi, si tu es dans un contexte amateur ou semi-pro léger, que tu veux passer au numérique sans exploser ton budget, le XR16 tient la route. Si tu comptes vraiment en vivre ou que tu veux quelque chose d’ultra fiable et évolutif, je viserais plus haut tout de suite. Mais pour ce qu’il coûte, et si tu acceptes ses limites, c’est franchement un choix raisonnable.
Design sobre, pratique… mais zéro bouton
Niveau design, le XR16, c’est vraiment un bloc noir sans fioritures. Une façade avec tous les connecteurs, quelques petites LED, quelques boutons basiques (alimentation, Wi-Fi, etc.), et c’est tout. Pas d’écran, pas de gros potards, pas de fader. Au début, ça fait un peu boîte de direct géante, mais en fait c’est assez logique : tout est pensé pour être contrôlé à distance, donc le boîtier, on le pose et on l’oublie.
Sur la partie façade, tout est bien aligné : les 8 XLR mic, les entrées jack, les sorties principales, les auxiliaires pour les retours, le port USB, etc. C’est assez clair, même dans une salle un peu sombre, parce que les inscriptions sont lisibles et la disposition est cohérente. Par contre, il faut quand même faire gaffe au câblage : comme tout arrive sur la même face, tu te retrouves vite avec un joli bouquet de câbles qui pendouille. Rien de dramatique, mais il vaut mieux prévoir un peu d’ordre, surtout si tu le laisses en fixe dans un rack.
Le routeur Wi-Fi intégré est accessible par un petit sélecteur de mode (point d’accès, client, etc.). C’est pratique sur le principe, parce que tu peux t’en sortir sans routeur externe, mais je trouve que la signalisation est un peu minimaliste : tu as quelques LED, mais tu ne sais pas toujours au premier coup d’œil si tout est vraiment stable. De toute façon, dès que ça devient sérieux, j’ai vite préféré passer par un routeur externe plus fiable.
Globalement, le design est fonctionnel et discret. On sent que c’est pensé pour être mis dans un coin ou dans un rack 19" (avec les bons accessoires), pas pour trôner sur une table au milieu de la salle. Si tu aimes voir ta console, tu risques d’être un peu frustré, mais si tu veux du compact et du discret, ça coche les cases. Rien de « waouh », mais ça fait le job sans prise de tête.
Solidité et fiabilité : est-ce que ça inspire confiance ?
Sur la construction, le XR16 fait plutôt sérieux. Le boîtier en métal paraît solide, ça ne sonne pas creux, et les connecteurs XLR/jack tiennent bien en place. Je l’ai trimballé plusieurs fois dans un sac avec d’autres trucs (câbles, DI, multiprise), sans flight case dédié, et il n’a pas bronché. Pas de bouton qui se balade, pas de jeu dans les prises, rien de suspect pour l’instant. On n’est pas sur du tank militaire, mais pour un usage groupe/asso, ça semble suffisant.
Par contre, comme tout est piloté par logiciel, la vraie question, c’est plus la fiabilité du firmware et de la connexion que la tôle en elle-même. Jusqu’ici, je n’ai pas eu de plantage complet du mixeur : le son n’a jamais coupé en plein concert, ce qui est déjà le principal. Les seuls soucis que j’ai vus venaient surtout du Wi-Fi (perte de connexion tablette), pas du traitement audio interne. C’est rassurant dans le sens où, même si l’appli plante, le son continue tel quel.
Après, on reste sur du Behringer : c’est souvent bon rapport qualité-prix, mais il ne faut pas s’attendre à la même longévité que du matos pro bien plus cher. L’absence d’info claire sur les pièces détachées ne rassure pas non plus. Si un jour un port XLR lâche ou si le Wi-Fi interne meurt, pas sûr que ce soit réparable facilement. Pour un usage intensif en presta pro tous les week-ends, je viserais peut-être un modèle plus costaud. Pour un usage amateur régulier, ça me paraît cohérent.
En résumé, la durabilité semble correcte à court et moyen terme, mais je ne parierais pas ma vie dessus sur 10 ans de tournée. Si tu en prends un minimum soin (petit flight, câbles pas arrachés comme un bourrin, ventilation correcte), à mon avis, il fera largement quelques années de service sans gros drame.
Son, préamps et Wi-Fi : ça donne quoi en vrai ?
Sur la qualité sonore, honnêtement, pour le prix, c’est plutôt correct. Les préamps micro sont propres, pas ultra musicaux, mais largement suffisants pour des répètes, du live en bar ou des petites captations. J’ai branché dessus des SM58, un Beta 52 sur grosse caisse, un couple de condensateurs d’entrée de gamme sur overheads, et ça sonne propre, sans souffle gênant si on ne pousse pas le gain dans ses retranchements. Comparé à ma vieille analogique Behringer d’époque, c’est clairement un cran au-dessus en terme de propreté.
Le gros plus, c’est toute la partie traitement numérique : EQ paramétriques, compresseurs sur chaque canal, effets intégrés (reverb, delay, etc.). Même si ce n’est pas du haut de gamme, ça permet de bien sculpter le son. Pour un petit groupe, pouvoir mettre une reverb décente sur les voix et un peu de compression sur la batterie sans rajouter de racks externes, c’est vraiment pratique. On peut aussi sauvegarder des scènes, ce qui permet de rappeler un mix complet d’un concert à l’autre, et ça, en pratique, ça fait gagner un temps fou.
Là où ça se complique un peu, c’est sur la partie Wi-Fi. Le routeur intégré, sur le papier, c’est top. En vrai, en répète, ça va. En concert avec du monde, des téléphones partout, j’ai eu quelques micro déconnexions avec la tablette. Rien de dramatique, le son continue (la console ne plante pas), mais tu perds le contrôle quelques secondes, et quand tu es en train de rattraper un Larsen, c’est assez stressant. Du coup, pour les dates un peu plus sérieuses, j’ai fini par coller un routeur Wi-Fi externe et désactiver le Wi-Fi interne. Là, c’est beaucoup plus stable.
Niveau latence, en utilisation live classique (pas en monitoring très critique), rien ne m’a sauté aux oreilles. Pour un usage type répète / petit live, la performance globale est franchement correcte. C’est pas une console de tournée, mais ça tient bien la route si on connaît ses limites, surtout côté Wi-Fi et gestion de la tablette.
Ce que propose vraiment le X AIR XR16
Concrètement, le Behringer X AIR XR16, c’est une table de mixage numérique 16 entrées au format rack/boîtier, pensée pour être pilotée à distance. Tu as 8 entrées micro XLR avec préamplis programmables et 8 entrées ligne jack, ce qui suffit largement pour un petit groupe : batterie un peu réduite, basse, guitare, voix, clavier, et tu as encore un peu de marge. Le tout est donné pour tenir dans un boîtier d’environ 33 x 15 x 14 cm pour 3 kg, donc ça reste facilement transportable sous le bras.
Le gros principe, c’est que tu n’as aucun contrôle physique classique : pas de faders, pas de potards de gain, rien. Tu branches tout, tu allumes, et tu pilotes via une appli (iPad, Android, ou même PC). Tu peux gérer les gains, les EQ, les compresseurs, les effets, les départs vers les retours, etc. Clairement, c’est un petit cerveau audio qu’on cache côté scène et qu’on pilote depuis la salle.
Le XR16 propose aussi un port USB pour enregistrer en stéréo (pas multipiste) ou lire des fichiers, plus un Wi-Fi intégré pour se connecter directement sans routeur externe. Sur le papier, tu peux donc arriver dans un bar avec juste ce boîtier, une tablette et tes câbles, et tu as une sono complète (hors enceintes évidemment). Il y a aussi une fonction de mixage auto type Dugan annoncée en firmware futur, mais perso je ne m’y fie pas trop, ce genre de promesse dépend beaucoup des mises à jour qui arrivent… ou pas.
En résumé, la promesse, c’est : remplacer une console 16 canaux classique par un boîtier compact, numérique, avec pas mal de fonctions avancées (scènes, presets, effets, etc.), le tout à un tarif plutôt agressif. Ça ne fera pas rêver un ingé son pro habitué à du Midas ou du Yamaha CL, mais pour un groupe amateur ou une petite asso, sur le papier, c’est franchement pas mal.
Au quotidien : est-ce que ça simplifie vraiment la vie ?
En pratique, le XR16 change vraiment la façon de bosser par rapport à une console analogique classique. Le truc qui m’a le plus plu, c’est de pouvoir se déplacer avec la tablette dans la salle pour faire les balances. Tu n’es plus coincé derrière la console au fond de la scène, tu te mets au milieu du public, tu ajustes les niveaux, les EQ, les retours, tout en entendant ce que les gens vont entendre. Pour une petite équipe sans ingé son dédié, c’est super pratique.
Au bout de quelques jours, j’ai aussi vraiment apprécié la sauvegarde des scènes. Une fois que tu as fait une bonne balance pour ton groupe dans un bar donné, tu peux enregistrer tous les réglages et les rappeler la prochaine fois. Même chose pour les répètes : chaque groupe ou chaque config peut avoir sa scène. Tu arrives, tu branches, tu rappelles la scène, et tu es déjà à 80 % du résultat sans tout refaire de zéro. Ça, concrètement, ça fait gagner du temps et ça évite pas mal de prises de tête.
Côté ergonomie logicielle, l’appli Behringer est pas parfaite mais exploitable. Il y a beaucoup d’onglets, de pages, donc au début tu cherches un peu où sont les envois d’aux, les EQ, les effets. Mais après 2-3 sessions, tu prends le coup. Ce qui aide, c’est que tu peux avoir une vue globale des niveaux et des départs. Par contre, il faut accepter de passer un peu de temps au début pour tout paramétrer : noms des pistes, couleurs, routage, etc. Une fois fait, c’est beaucoup plus confortable.
En termes d’efficacité pure, je dirais que le XR16 fait vraiment gagner en flexibilité, mais demande un petit investissement de temps au départ, surtout si tu viens du tout analogique. Si tu n’aimes pas trop la technique ou que tu détestes les menus, ça peut vite te gonfler. Si tu es à l’aise avec les applis et que tu aimes bien bidouiller, tu vas t’en sortir sans problème et tu y verras un vrai gain au quotidien.
Points Forts
- Format compact et léger, facile à transporter et à installer
- Contrôle complet via tablette/PC avec scènes, EQ, compresseurs et effets intégrés
- Très bon rapport fonctionnalités/prix pour un usage groupe ou petite asso
Points Faibles
- Wi-Fi intégré pas assez fiable en environnement chargé, routeur externe conseillé
- Tout passe par une appli, aucun contrôle physique, peut déplaire à ceux habitués aux vraies consoles
Conclusion
Note de la rédaction
Au final, le Behringer X AIR XR16, c’est un petit boîtier malin qui remplace sans problème une console 16 pistes analogique classique pour un groupe ou une petite asso. Les 8 préamps micro programmables, les traitements intégrés (EQ, comp, effets) et surtout le contrôle à distance à la tablette changent vraiment la vie en répète et sur des petits concerts. Tu gagnes en flexibilité, tu peux te placer dans la salle pour faire ton son, tu sauvegardes tes scènes, et tu évites d’empiler des racks d’effets pas pratiques.
C’est pas parfait : le Wi-Fi intégré est moyen en environnement chargé, il faut accepter de tout faire via une appli (ce qui ne plaira pas à tout le monde), et sur la durée, ça reste du Behringer, donc je ne miserais pas ça sur une tournée mondiale. Mais pour le prix, ça reste un outil efficace, surtout si tu prends l’habitude d’utiliser un routeur externe pour sécuriser la connexion et que tu passes un peu de temps au début pour bien configurer tes scènes et ton routage.
En gros, je le conseille à :
- des groupes amateurs qui veulent un système pratique et compact pour répètes + petits gigs ;
- des petites assos / bars qui veulent sonoriser des soirées sans s’équiper d’une grosse console ;
- des gens à l’aise avec les applis et pas allergiques au numérique.
Par contre, si tu fais de la presta pro régulière, que tu veux de l’enregistrement multipiste sérieux ou que tu es parano sur la fiabilité réseau, mieux vaut viser un modèle au-dessus ou une autre marque plus orientée pro.