Bonjour Jean-Pierre, pourriez-vous vous présenter et nous parler de votre rôle au sein de DJ Network Formation, ainsi que de votre connexion avec le thème de l'avenir des musiques électroniques?
Je m’appelle Jean-Pierre Goffi et je suis responsable de DJ Network Formation.
Je viens du terrain : des musiques électroniques, de la production musicale et des pratiques numériques, que j’ai d’abord abordées de manière largement autodidacte.
Avec le temps, je me suis interrogé non seulement sur la création, mais aussi sur ce que cela implique quand on cherche à en faire une activité professionnelle : comment avancer, se situer et faire reconnaître ce que l’on sait faire en dehors des cadres classiques.
Les musiques électroniques sont très révélatrices de ces enjeux. Elles se sont développées hors des institutions, sur les scènes et dans les studios. Mon rôle consiste à faire le lien entre ces réalités de terrain et les cadres de la formation professionnelle et de la certification, sans chercher à figer les pratiques.
Comment DJ Network se positionne-t-il dans le paysage actuel de l'enseignement des musiques électroniques, et quels sont les avantages des cinq certifications reconnues que vous proposez?
DJ Network Formation se positionne comme un acteur de terrain, centré sur les pratiques réelles du DJing et de la production musicale. L’idée n’est pas de théoriser la création, mais de travailler sur ce que les artistes font concrètement : jouer en public, produire en MAO, créer des sons, finaliser des titres et structurer un projet artistique.
Les cinq certifications reconnues par France Compétences apportent surtout de la lisibilité et une reconnaissance officielle à des compétences longtemps restées informelles. Elles permettent de clarifier ce que l’on sait faire, de donner des repères à des parcours atypiques et de mieux se projeter professionnellement. L’objectif n’est pas de normaliser la création, mais de rendre les compétences visibles et évaluables, tout en facilitant l’accès à la formation, notamment via le CPF.
Quels sont, selon vous, les principaux défis auxquels les musiciens et DJ en formation sont confrontés aujourd'hui, et comment vos programmes de formation les aident-ils à les surmonter?
Le principal défi est de savoir où l’on en est et comment avancer. Beaucoup apprennent seuls, avec de l’énergie et de la passion, mais sans toujours avoir de repères clairs pour progresser ou se projeter.
Nos programmes apportent un cadre basé sur la pratique réelle. Ils permettent de transformer des compétences parfois dispersées en savoir-faire identifiés, de se confronter au réel (scène, production, finalisation) et d’avancer avec plus de clarté et de confiance.
Avez-vous observé des changements notables dans l'adoption et la perception des certifications professionnelles dans le domaine de la musique électronique au cours des dernières années?
Oui, clairement. Les certifications sont aujourd’hui mieux perçues, notamment par les profils autodidactes et les personnes en reconversion qui cherchent à rendre leur parcours plus lisible et plus crédible.
Dans la musique électronique, il y a longtemps eu une méfiance vis-à-vis de ces cadres, car la scène s’est construite en dehors des institutions. Mais avec la professionnalisation du secteur et la diversité croissante des parcours, la reconnaissance des compétences devient une question centrale.
Aujourd’hui, on ne cherche plus une certification pour l’affichage, mais pour mieux se situer, structurer son projet et gagner en confiance, à condition que cela reste connecté à la réalité du terrain.
Pourriez-vous partager un exemple concret d'un étudiant qui a réussi grâce à une de vos formations, et comment cela a impacté sa carrière dans l'industrie musicale?
Un exemple fréquent est celui d’un DJ-producteur déjà actif, mais avec une pratique très dispersée : quelques dates, des morceaux commencés sans toujours être finalisés, et une difficulté à se positionner professionnellement.
La formation lui a permis de clarifier ses compétences, de consolider ses méthodes de travail (notamment sur la préparation de sets et la finalisation de productions) et de se confronter à des critères concrets. L’impact n’a pas été spectaculaire du jour au lendemain, mais très réel : plus de cohérence, plus de confiance et une meilleure capacité à se présenter auprès de partenaires et de lieux professionnels.
Comment envisagez-vous l'évolution des formations en musique électronique dans le futur, en particulier avec les avancées technologiques et les nouvelles tendances du marché?
Les formations vont devenir plus flexibles et plus adaptées aux parcours individuels. Avec l’évolution rapide des outils, l’enjeu sera moins d’apprendre des techniques figées que de savoir s’adapter et continuer à évoluer.
On va aussi vers des formats plus modulaires, capables de répondre à des profils très différents. Enfin, la reconnaissance des compétences jouera un rôle de plus en plus important pour aider les artistes et producteurs à se situer et à construire des projets durables.
Quel conseil donneriez-vous aux jeunes aspirants DJ et producteurs qui souhaitent percer dans l'industrie musicale aujourd'hui?
Je leur dirais de ne pas chercher à aller trop vite. Mieux vaut construire des bases solides, développer une vraie régularité et comprendre ce que l’on fait, plutôt que courir après les tendances ou la visibilité immédiate.
Il est aussi essentiel de se confronter au réel : jouer devant un public, terminer des morceaux, accepter les retours. Enfin, savoir se situer, structurer son projet et s’entourer des bonnes personnes fait souvent toute la différence sur le long terme.
Pour en savoir plus : https://www.dj-network.com