Résumé
Note de la rédaction
Rapport qualité-prix : dur de faire mieux à ce tarif
Design : compact, jaune fluo, et un peu serré
Matériaux et construction : ça respire le solide pour le prix
Durabilité : à l’aise en home studio, à voir sur le long terme
Performance sonore : un seul oscillateur, mais du caractère
Présentation : ce que le Crave sait (et ne sait pas) faire
Efficacité au quotidien : fun à jouer, moins fun à programmer
Points Forts
- Son analogique solide grâce au VCO 3340 et au filtre ladder 24 dB
- Format compact en métal, bien équipé en connectique (MIDI, USB, CV/Gate)
- Rapport qualité-prix très intéressant pour un semi-modulaire hardware
Points Faibles
- Séquenceur et gestion de la synchro peu intuitifs, doc trop légère
- Boutons assez serrés, tuning facile à dérégler en manipulant la façade
Caractéristiques
Voir la fiche produit complète →| Marque | Behringer |
| Matériau du boîtier | Métal |
| Composants inclus | Module double VCF |
| Type de finition | Peinte |
| Fabricant | Behringer |
| Orientation des mains | ambidextre |
| Nom de l'ensemble | CRAVE |
| Dimensions du produit (L x l x h) | 38 x 14 x 9 cm; 1,1 kilogrammes |
Un petit synthé jaune qui donne envie de tourner des potards
J’ai passé quelques semaines avec le Behringer Crave posé à côté de mon ordi, branché tantôt en MIDI, tantôt en CV, et honnêtement, je ne pensais pas m’amuser autant avec un synthé à ce prix. On est sur un mono analogique semi-modulaire, pas de clavier, juste des boutons, un séquenceur 32 pas et une rangée de patch points qui donne envie de tout tester. Si tu viens des VST et des plugins, ça fait un peu choc au début, mais dans le bon sens : tu touches, tu entends direct ce que tu fais.
Pour situer un peu, avant le Crave j’utilisais surtout des softs type Diva, quelques plugins gratuits, et un vieux microKorg pour l’appoint. Le Crave, je l’ai pris pour avoir un vrai VCO analogique sous la main, histoire de faire des basses et des leads un peu plus vivants. Je ne m’attendais pas à une machine parfaite, juste à un truc qui fait le job sans me ruiner. Et globalement, c’est ce que j’ai eu : un synthé simple, un peu brut, avec ses défauts, mais qui donne envie de bricoler.
Concrètement, ce n’est pas un synthé “tout-en-un” : tu n’auras pas des nappes polyphoniques, pas de gros effets intégrés, pas de presets modernes à la sauce EDM prêts à l’emploi. C’est plutôt une boîte à lignes de basses, à séquences acides, à leads bien présents. Si tu aimes passer du temps à tourner des potards pour trouver un son, tu vas t’y retrouver. Si tu veux juste charger un preset et jouer, là par contre, ce n’est clairement pas le bon produit.
Donc le contexte est simple : petit budget, envie de toucher à l’analogique et au semi-modulaire, et besoin d’un truc solide pour accompagner un setup déjà existant (DAW, boîte à rythmes, etc.). Dans ce cadre-là, le Crave s’en sort franchement pas mal. Ce n’est pas parfait, il y a des trucs qui agacent, surtout au niveau du séquenceur et de la doc, mais pour le prix, ça reste une machine qui a du sens et qui peut vraiment trouver sa place dans un home studio.
Rapport qualité-prix : dur de faire mieux à ce tarif
C’est vraiment sur le rapport qualité-prix que le Crave devient intéressant. Autour de 150 € (voire un peu plus ou moins selon les périodes), tu as un vrai VCO analogique, un filtre ladder sérieux, un séquenceur, une section semi-modulaire, le tout dans un boîtier métal. Quand tu compares au prix de certains autres synthés analogiques ou même à des modules Eurorack, c’est franchement difficile de trouver un équivalent aussi complet sans exploser ton budget.
Évidemment, il y a des compromis. Tu n’as qu’un seul oscillateur, pas d’effets intégrés, un séquenceur un peu tordu à prendre en main, et aucune automatisation possible des paramètres en USB/MIDI comme sur un plugin ou un synthé numérique plus moderne. Si tu bosses beaucoup en DAW avec des automations de filtres, de LFO, etc., tu vas vite te sentir limité. Dans ce cas-là, un bon plugin ou un synthé hybride avec un meilleur contrôle MIDI sera peut-être plus rentable pour toi.
En revanche, si tu cherches un premier pas dans l’analogique sans te ruiner, ou un complément à un setup déjà existant, le Crave a clairement du sens. Tu peux le laisser sur une ligne de basse pendant que tu joues autre chose, l’utiliser comme module dans une petite config semi-modulaire, ou juste t’en servir pour enregistrer des boucles que tu retravailles ensuite dans ton DAW. Pour ce prix, tu as un vrai morceau de hardware qui t’oblige à écouter et à toucher, pas juste à cliquer.
Pour résumer, si tu es prêt à accepter ses limites et à apprendre un peu sa logique, le Crave offre beaucoup pour pas très cher. Si tu veux un truc ultra confortable, intégré à fond au monde informatique, avec automatisations partout et presets modernes, tu risques d’être déçu. Mais pour un bidouilleur avec un budget serré, ça reste une option très intéressante.
Design : compact, jaune fluo, et un peu serré
Niveau design, le Crave ne passe pas inaperçu : jaune acide, format compact (38 x 14 x 9 cm), et une façade blindée de potards et de patch points. Sur un bureau, ça prend peu de place, tu peux le caler facilement devant ton clavier maître ou à côté de ta carte son. Le look est assez tranché : soit tu aimes ce jaune bien tape-à-l’œil, soit tu trouves ça moche. Perso, au début j’ai trouvé ça un peu jouet, puis à force je m’y suis fait, et au moins tu le repères vite dans le noir.
Les potentiomètres sont nombreux et assez rapprochés. Pour moi, c’est le vrai reproche sur le design. Quand tu tournes le cutoff ou la résonance, tu peux facilement effleurer un autre potard, surtout si tu as des mains un peu grandes. Ça m’est arrivé plusieurs fois de dérégler le tuning sans faire exprès, et derrière tu passes 30 secondes à le remettre à l’oreille. C’est jouable, mais pas hyper confortable si tu veux faire des mouvements rapides en live.
La partie patch bay en haut est bien fichue visuellement : les entrées/sorties sont clairement marquées, tu vois vite ce que tu peux moduler. Par contre, quand tu commences à mettre plusieurs petits jacks, ça devient vite une forêt de câbles, et tu perds un peu la lisibilité de la façade. Rien d’anormal pour du semi-modulaire, mais sur un format aussi compact, ça peut gêner si tu touches beaucoup de paramètres en même temps.
Globalement, le design est orienté efficacité plus que confort. Tout est en façade, tu n’as pas de menus cachés, tu vois ce que tu fais. Mais il faut accepter le côté un peu serré et le look très coloré. Pour un usage studio posé, ça va très bien. Pour de la scène où tu as les mains qui bougent partout, tu risques de pester un peu sur la proximité des boutons.
Matériaux et construction : ça respire le solide pour le prix
Sur la construction, j’avais un peu peur au début à cause de la réputation parfois mitigée de Behringer sur certains produits, mais le Crave m’a plutôt rassuré. Le châssis est en métal, ça se sent tout de suite quand tu le prends en main. Avec ses 1,1 kg, ce n’est pas un tank, mais ce n’est pas un jouet en plastique non plus. Posé sur un bureau, il ne bouge pas trop quand tu tournes les potards, et ça, c’est déjà un bon point.
Les potards ont un ressenti correct. Ce n’est pas du haut de gamme ultra fluide, mais ça ne fait pas cheap. Les crans sur certains sélecteurs sont bien marqués, tu sens bien les positions. Après quelques semaines d’utilisation, pas de jeu, pas de craquement particulier à signaler. Évidemment, je ne l’ai pas trimballé en tournée, mais pour un usage home studio, ça semble tenir la route. On est loin de certains contrôleurs en plastique qui font peur dès qu’on les touche.
Les connectiques (MIDI, USB, jack audio, patch points) donnent une impression correcte aussi. Les jacks entrent bien, ça ne flotte pas. Le fait d’avoir un boîtier métal aide clairement à la sensation de robustesse. Là où ça fait un peu plus cheap, c’est sur quelques détails de finition, comme l’impression des marquages ou le plastique de certains boutons, mais franchement, à ce tarif, ce n’est pas choquant.
Concrètement, si tu comptes le laisser posé dans ton studio ou sur ton bureau, tu peux être tranquille. Si tu veux le balader souvent, il faudra quand même éviter de le jeter en vrac dans un sac avec des câbles et des alims, comme n’importe quel autre matos. Mais en rapport matériaux / prix, je trouve que ça tient bien la route. Ça donne l’impression d’un outil de travail, pas d’un gadget.
Durabilité : à l’aise en home studio, à voir sur le long terme
Niveau durabilité, je ne vais pas mentir : je n’ai pas dix ans de recul sur la machine. Par contre, après plusieurs semaines à l’allumer quasi tous les jours, à le trimbaler d’un bureau à un autre et à brancher/débrancher pas mal de câbles, il n’a montré aucun signe de faiblesse. Les potards tiennent bien, pas de jeu qui apparaît, pas de craquement suspect. Le boîtier en métal encaisse bien les petites maladresses du quotidien (coups de câble, appuis un peu secs, etc.).
Je l’ai transporté quelques fois dans un sac à dos, simplement entouré d’un peu de mousse, et il est ressorti sans trace. Les connecteurs patch et audio n’ont pas bougé. On sent que ce n’est pas un truc ultra fragile. Après, ça reste de l’électronique avec pas mal de composants en façade, donc si tu le fais tomber d’un mètre de haut, je ne garantirais rien, mais ce n’est pas spécifique au Crave.
Le seul point un peu flou, c’est la disponibilité des pièces détachées, qui n’est pas vraiment documentée. Si un jour tu as un potard qui lâche ou un bouton qui meurt, il faudra probablement passer par un réparateur qui bidouille l’électronique plutôt que par un vrai réseau de pièces officielles super bien organisé. À ce prix, c’est un peu le jeu : tu n’achètes pas une machine prévue pour être restaurée pendant 20 ans comme un vieux Moog.
Pour un usage home studio régulier, je ne me fais pas trop de souci. Si tu comptes le trimbaler en live toutes les semaines, je prendrais peut-être un petit flight ou au moins une housse correcte, histoire de limiter les risques. Globalement, ça donne l’impression d’un appareil qui va tenir un bon moment si tu n’es pas trop bourrin.
Performance sonore : un seul oscillateur, mais du caractère
Niveau son, le Crave fait ce qu’on attend d’un mono analogique : des basses qui tiennent bien dans le mix, des leads simples mais présents, et des séquences qui vivent un peu grâce aux modulations. Le VCO 3340 fait le taf, ça sonne propre, stable, avec ce petit côté vivant qu’on n’a pas toujours sur les plugins. Tu as une dent de scie et un carré, plus de quoi moduler un peu la forme, donc ce n’est pas une usine à gaz, mais pour des lignes de basse et des leads, ça suffit largement.
Le filtre ladder 24 dB est clairement une des grosses forces de la machine. Quand tu fermes le cutoff et que tu montes la résonance, tu obtiens des sons bien typés, parfaits pour des basses un peu acides ou des sweeps. Ça peut aller du rond au bien agressif selon comment tu pousses. J’ai trouvé qu’il répondait bien, et qu’on pouvait facilement trouver des zones intéressantes en tournant le potard, sans chercher pendant trois heures.
Ce qui m’a plu aussi, c’est la partie semi-modulaire. Dès que tu commences à patcher un peu (LFO vers le pitch, enveloppe vers la résonance, etc.), le son prend plus de vie. Tu peux faire des choses assez barrées si tu as d’autres modules ou d’autres synthés avec du CV. Seul, le Crave reste limité par son unique oscillateur, mais dès que tu l’intègres dans un petit écosystème, ça devient plus intéressant. Par contre, si tu t’attends à des nappes, des gros pads ou des sons ultra évolutifs tout seuls, ce n’est pas le bon outil.
En résumé, côté performance sonore, c’est simple mais efficace. Tu n’as pas 50 couches de son, mais ce qui sort est solide, avec un vrai caractère analogique. Pour faire des basses techno, des séquences type acid, des leads un peu rétro, il s’en sort très bien. Pour tout ce qui est gros sound design moderne sans autre matos autour, là tu sentiras vite les limites.
Présentation : ce que le Crave sait (et ne sait pas) faire
Le Behringer Crave, sur le papier, c’est un synthé analogique mono avec un VCO 3340, un filtre ladder 24 dB type Moog, un séquenceur 32 pas, et une section semi-modulaire avec plein de points de patch. On est sur un format desktop, pas de clavier, juste une petite rangée de boutons pour jouer les notes et programmer le séquenceur. Niveau connectique, tu as du MIDI, de l’USB, du CV/Gate, et une sortie audio en jack 6,35 mm. C’est assez complet pour l’intégrer dans presque n’importe quel setup.
Le cœur du truc, c’est le VCO 3340. C’est un oscillateur bien connu, utilisé dans pas mal de machines historiques, donc niveau son, c’est sérieux. Tu as les formes d’onde basiques (dent de scie, carré) et de quoi les modeler avec le filtre, l’enveloppe, le LFO, etc. Ce n’est pas un synthé plein de gadgets, c’est assez brut : peu de menus, tout se fait en façade avec les potards. Pour quelqu’un qui débute en analogique, c’est plutôt sain comme approche, même si la logique semi-modulaire peut faire peur au début.
L’autre gros morceau, c’est le séquenceur 32 pas. Tu peux stocker des patterns, jouer en pas à pas, transposer à la volée, etc. Sur le principe, c’est pratique pour faire des lignes de basse qui tournent en boucle et ensuite tu joues avec les filtres et les modulations par-dessus. Par contre, la programmation n’est pas super intuitive : il faut bien lire la doc (qui n’est pas folle) et souvent regarder des tutos pour piger certains combos de boutons. Une fois que tu as le coup, ça va, mais ce n’est pas plug-and-play.
En résumé, le Crave, c’est un mono analogique orienté basses et leads, pensé pour ceux qui aiment bidouiller. Tu n’auras pas 1000 sons différents, mais ce qu’il fait, il le fait de manière assez directe. Si tu veux de la polyphonie, des pads, des effets intégrés ou une grosse mémoire de presets modernes, passe ton chemin. Si tu veux un bloc de son analogique à maltraiter, là ça commence à devenir intéressant.
Efficacité au quotidien : fun à jouer, moins fun à programmer
Au quotidien, le Crave est un peu schizophrène : très fun à jouer une fois que la séquence tourne, mais parfois pénible à configurer. Quand tu as un pattern lancé, que tu joues avec le filtre, la résonance, l’enveloppe, le LFO, là tu t’amuses vraiment. Tu sens tout de suite l’impact de chaque réglage, et tu peux passer 20 minutes à tourner trois potards sans voir le temps passer. Pour jammer avec une boîte à rythmes ou un DAW, c’est parfait.
Par contre, la programmation des séquences n’est pas hyper intuitive. Il y a des combinaisons de boutons à retenir pour entrer en mode écriture, changer le tempo, gérer les accents, les slides, etc. La doc fournie est assez légère, donc tu te retrouves vite sur YouTube à chercher “how to program crave sequence” pour comprendre ce qui se passe. Au bout de quelques jours, ça rentre, mais ce n’est clairement pas le séquenceur le plus simple à prendre en main.
Autre point un peu agaçant : la gestion de la synchro/clock. Selon comment tu le branches (USB, MIDI, clock externe), il faut parfois redémarrer la machine pour que les changements de réglages soient pris en compte. Ça casse un peu le flux quand tu es en train de tester plusieurs configs. Ça fonctionne, mais ce n’est pas toujours logique, et tu as l’impression de bricoler plutôt que d’utiliser un truc fluide.
En pratique, si tu le prends comme un bloc de son piloté par un autre séquenceur (type Beatstep Pro, séquenceur du DAW, autre machine), ça devient beaucoup plus simple. Tu laisses le Crave faire le son, et tu t’en fiches un peu de son séquenceur interne. Dans ce rôle-là, il est très efficace. Si tu comptes tout faire directement dessus, prépare-toi à un petit temps d’adaptation et à quelques moments de frustration.
Points Forts
- Son analogique solide grâce au VCO 3340 et au filtre ladder 24 dB
- Format compact en métal, bien équipé en connectique (MIDI, USB, CV/Gate)
- Rapport qualité-prix très intéressant pour un semi-modulaire hardware
Points Faibles
- Séquenceur et gestion de la synchro peu intuitifs, doc trop légère
- Boutons assez serrés, tuning facile à dérégler en manipulant la façade
Conclusion
Note de la rédaction
Le Behringer Crave, ce n’est pas la machine parfaite, mais c’est un petit synthé analogique très honnête pour le prix. Il fait exactement ce qu’on attend d’un mono : des basses solides, des leads simples mais efficaces, et des séquences qui prennent vie dès que tu joues avec le filtre et les modulations. Le VCO 3340 et le filtre ladder font le job, la construction en métal rassure, et la partie semi-modulaire ouvre pas mal de portes si tu as envie de creuser.
Clairement, ce n’est pas pour tout le monde. Si tu veux un truc clé en main, bourré de presets, qui s’intègre parfaitement à un DAW avec automatisation de tous les paramètres, passe ton chemin. Le séquenceur est un peu pénible à apprivoiser, la synchro peut être capricieuse, et la doc est trop légère. Par contre, si tu aimes bidouiller, que tu veux un premier synthé analogique hardware ou un module en plus dans un setup déjà existant, le Crave a beaucoup de sens. Tu en as largement pour ton argent, à condition d’accepter de mettre un peu les mains dedans.