Marc, vous êtes auteur-compositeur, mais aussi passeur de répertoire : comment est née votre envie de faire revivre sur scène la chanson française, et quel rôle ce projet occupe-t-il aujourd’hui dans votre vie d’artiste et d’ex-professeur ?
C'est à la suite de l'arrêt des tours de chant de Gilbert Laffaille pour raisons de santé que j'ai pris la décision de reprendre son répertoire ; celui ci m'a donné sa bénediction et ses anciens musiciens ont trés gentiment accepté de participer au projet ; je dois dire que ce projet occupe tout mon temps et mon energie depuis quelques mois .
Votre univers navigue entre bossa et jazz, avec des références comme Maxime Le Forestier, Henri Salvador ou Louis Chedid : comment transposez-vous cet ADN musical quand vous réinterprétez des chansons du patrimoine, sans les trahir mais sans les figer dans leur époque ?
J'ai mon propre style d'interprétation ; voix douce et presque murmurée ...
Vous rendez notamment hommage à des auteurs comme Gilbert Laffaille, dont l’écriture est à la fois critique, décalée et pleine d’humour : en quoi son regard sur la société résonne-t-il encore aujourd’hui sur scène, et comment le public contemporain réagit-il à ces textes ?
Ancien professeur de français et curieux par nature , il porte sur la société un regard critique et n'hésite pas à dénoncer le racisme l'intolérance ( dents d'ivoire et peau d'hébene ) la frenesie du monde actuel à travers le capitalisme et la productivité effrenée ... ( c'est la faute à personne ) ou encore le scandale des chasses présidentielles en afrique ( le président et l'éléphant )
Vous êtes entouré de guitaristes d’exception comme Michel Haumont et Jack Ada, issus d’une grande tradition acoustique fingerpicking : concrètement, comment leur jeu transforme-t-il la manière de faire (re)vivre ces chansons sur scène, par rapport à de simples reprises « fidèles » ?
Grace à ces musiciens , on retrouve le style épuré des accompagnements habituels Ni cordes ni cuivres ou encore synthés , des arrangements acoustiques où la guitare trouve toute sa place
Entre concerts intimistes à domicile via Hormur et projets plus structurés comme « Marc & Guests Saison 2 » à Saint-Nicolas-de-Redon, que vous apprennent ces formats très différents sur la meilleure façon de transmettre la chanson française au public d’aujourd’hui, notamment aux plus jeunes ?
je quitte momentanément mes propres créations , et je me rapproche d'un public parisien qui a été celui de Gilbert Laffaille au cours de sa carrière
Quand vous regardez l’évolution de la scène francophone, imaginez-vous un renouveau durable du répertoire de la chanson dite « à texte » sur scène ? Quelles initiatives ou alliances (programmation, pédagogie, nouveaux lieux, formats hybrides) vous semblent nécessaires pour que ce patrimoine reste vivant ?
La chanson à texte traditionnelle est devenu confidentielle , supplantée par d'autres univers musicaux surtout auprés des jeunes ; l'héritage laissé par des chanteurs comme Brassens Régiani ou encore Salvador fait parti de notre patrimoine et on peu le faire revivre à tout moment sur scène
Pour conclure, quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui veut, à son échelle – dans un petit lieu, une école, une association ou son salon – contribuer à faire revivre la chanson française sur scène sans tomber dans la nostalgie stérile ?
Rester humble , ne pas rechinnier au travail et s'entourer de personnes passionnées
Pour en savoir plus : https://nenupharmedia.pro