Résumé
Note de la rédaction
Rapport qualité-prix : mieux pensé que le SM7B pour le home studio
Design et prise en main : massif mais pas compliqué
Confort d’utilisation au quotidien : simple, mais quelques points à gérer
Matériaux et solidité : ça respire la longévité
Performance sonore : clair, efficace, mais un peu brillant
Ce que propose vraiment le RE320 sur le papier
Points Forts
- Niveau de sortie assez élevé pour éviter un préamp ou booster de gain dédié dans beaucoup de configs
- Son clair et précis, bien adapté au streaming et à la voix parlée dans une pièce non traitée
- Bon rejet du bruit ambiant et switch de courbe pratique pour passer de la voix à la grosse caisse ou aux instruments
Points Faibles
- Assez lourd, demande un bras de micro solide et idéalement un bon support pour limiter les bruits de structure
- Signature sonore un peu brillante qui peut accentuer les sibilances sur certaines voix
Caractéristiques
Voir la fiche produit complète →| Marque | Electro-Voice |
| Usages recommandés pour le produit | Chant |
| Nom de modèle | RE320 |
| Technologie de connectivité | XLR |
| Type de connecteur | XLR |
| Caractéristique spéciale | Variable-D, humbucking coil, and built-in pop filters |
| Appareils compatibles | Enregistreur numérique, Interface audio, Mixage audio, Mixeur audio, PA system, Système PA |
| Couleur | Noir |
Un micro « broadcast » sans se ruiner (trop)
J’utilise le Electro-Voice RE320 depuis quelques semaines pour du streaming, un peu de voix off et quelques essais sur ampli guitare. Avant ça, j’étais surtout sur des micros USB et un SM58 branché dans une petite carte son. Donc je ne viens pas d’un gros studio pro, plutôt d’un setup de bureau classique avec PC, ventilateurs, voisinage un peu bruyant et pièce pas traitée du tout. L’idée en prenant ce micro, c’était d’avoir un son plus « radio » sans avoir à coller de mousse partout sur les murs ni investir dans un préamp de fou.
Je le compare surtout à deux trucs : un Shure SM7B que j’ai pu tester quelques jours chez un pote, et mon bon vieux SM58. En gros, je cherchais un compromis : moins galère que le SM7B niveau gain, mais plus propre et plus "pro" qu’un SM58 en direct dans la carte son. Sur le papier, le RE320 est vendu comme micro de broadcast / instruments, avec un switch spécial grosse caisse. En pratique, je l’utilise à 95 % pour la voix parlée.
Je vais être clair : ce n’est pas un micro magique qui va transformer une pièce pourrie en studio. Par contre, il aide bien à limiter les bruits de fond si on le règle correctement et qu’on se colle bien dessus. Il a un son assez clair, un peu brillant, qui passe bien pour la voix parlée, surtout en streaming ou podcast. Il pardonne moins qu’un SM7B sur les sibilances, mais en échange on comprend mieux ce que vous dites sans pousser d’égalisation agressive.
Dans ce test, je vais rester concret : comment il sonne, comment il se comporte dans une pièce normale, ce que j’ai aimé, ce qui m’a un peu saoulé, et pour qui ça vaut le coup par rapport à un SM7B, un RE20 ou un simple micro USB. Si vous cherchez un retour sans langue de bois, avec un usage très "vrai monde" (PC, carte son grand public, pas de cabine), ça devrait vous parler.
Rapport qualité-prix : mieux pensé que le SM7B pour le home studio
Sur le rapport qualité-prix, je vais être franc : ce n’est pas un micro bon marché, mais il se place plutôt bien dans sa catégorie. Par rapport à un SM7B ou un RE20, il coûte moins cher, tout en restant dans la famille des micros "broadcast" sérieux. Là où il devient intéressant, c’est qu’il ne vous oblige pas forcément à acheter un préamp ou un booster de gain type FetHead/Cloudlifter pour avoir un signal propre. Rien que ça, ça fait économiser facilement 70–150 € selon ce que vous comptiez prendre en plus.
Si on additionne : prix du micro + carte son correcte, on obtient un setup qui tient bien la route pour du streaming, podcast, voix-off, sans exploser le budget comme avec un SM7B + préamp dédié. Après, il faut être honnête : si vous faites juste un peu de discussion sur Discord ou deux lives Twitch par mois, un bon micro USB fera largement l’affaire pour moins cher. Le RE320 commence à devenir intéressant dès que vous voulez un truc un peu sérieux, durable, et que vous êtes prêt à passer sur une interface audio XLR.
Comparé à des micros dynamiques plus basiques (type SM58, Podmic, etc.), le RE320 apporte : un son plus moderne, plus clair, une meilleure gestion des variations de distance, et un switch de courbe pratique pour les instruments. Est-ce que ça justifie l’écart de prix pour tout le monde ? Non. Si vous faites que de la voix très occasionnelle, ce sera peut-être overkill. Mais si vous streamez souvent, faites des voix-off, ou que vous voulez un micro qui puisse aussi servir pour une batterie ou un ampli, là ça commence à devenir logique.
Pour résumer, je dirais que le RE320 a un bon rapport qualité-prix dans la catégorie "micro sérieux pour voix et instruments". Ce n’est pas le plus abordable, mais il évite d’avoir à acheter plein d’accessoires pour compenser ses défauts, et pour un usage home studio un peu régulier, ça fait sens. Par contre, si votre budget est vraiment serré ou que vous n’avez pas encore de carte son XLR, réfléchissez bien à l’ensemble du coût avant de vous lancer.
Design et prise en main : massif mais pas compliqué
Niveau design, le RE320 fait très "micro de radio" classique. Il est assez long et massif, avec une grille qui prend quasiment toute la longueur. En main, on sent tout de suite que ce n’est pas un petit micro léger comme un SM58. Sur la balance ça tourne autour de 700–800 g avec la pince, donc il faut un bras de micro correct. Sur un bras cheap, ça a tendance à piquer du nez. Sur un bras type Rode PSA1, ça tient sans problème, mais il faut quand même bien serrer.
Le corps est en métal, peinture noire mate, ça fait sérieux. La grille est bien épaisse, ça donne confiance si on l’utilise en studio ou en radio où il va être manipulé souvent. Il n’y a pas de suspension interne hyper efficace, donc les bruits de bureau (clavier posé sur le même support, coups sur la table) peuvent remonter si votre bras de micro est moyen. Perso, avec un bras correct et en évitant de taper dans le bureau, ça reste gérable, mais clairement on n’est pas sur un micro totalement isolé mécaniquement.
Le petit détail pratique, c’est le switch de courbe sur le corps. Il est bien placé, assez ferme pour ne pas bouger tout seul, mais accessible si on veut passer d’une config voix à une config grosse caisse ou basse sans tout rebrancher. On voit clairement les deux positions, donc pas besoin de deviner. Pour la plupart des gens, ça restera sur la position voix, mais c’est utile si vous enregistrez aussi un kick ou un ampli basse de temps en temps.
Au niveau connectique, c’est du XLR classique, rien de spécial à signaler. Pas de bouton mute, pas de sortie casque, rien de gadget : c’est un micro "bête et méchant" qui fait son boulot. Si vous venez d’un micro USB avec gain et mute intégrés, ça peut surprendre, mais c’est la norme sur ce type de produit. Globalement, le design est sobre, fonctionnel, un peu imposant, mais on comprend vite que c’est pensé pour être vissé sur un bras et ne plus bouger pendant des heures d’émission.
Confort d’utilisation au quotidien : simple, mais quelques points à gérer
Niveau confort, tout se joue sur le placement et le bras de micro. Le RE320 est assez lourd, donc si vous avez un bras bas de gamme, vous allez passer du temps à resserrer les vis. Une fois monté sur un bras correct, par contre, on l’oublie assez vite. Je le garde à environ un poing de la bouche, légèrement en biais pour limiter les plosives, et ça fonctionne bien. Les filtres anti-pop intégrés font une partie du boulot, mais perso j’ai quand même ajouté un petit filtre anti-pop externe pour être tranquille.
Comme c’est un dynamique cardioïde, il faut être assez proche du micro. Si vous avez tendance à beaucoup bouger la tête, le volume et le timbre changent un peu, mais le système Variable-D limite quand même les gros changements de grave. En pratique, si vous restez dans une zone de 5–10 cm autour de la position idéale, ça reste stable, ce qui est plutôt confortable pour parler naturellement sans rester figé comme une statue.
Pour le monitoring, il n’y a pas de sortie casque, donc tout se fait via la carte son. Ce n’est pas un souci en soi, mais pour quelqu’un qui vient d’un micro USB, ça fait un câble et un réglage de plus à gérer. Une fois que tout est calé (gain, monitoring direct, etc.), on n’y touche plus vraiment. Le fait qu’il nécessite moins de gain qu’un SM7B le rend plus agréable à l’usage : on entend moins de souffle dans le casque, on a moins peur de monter le fader.
Au quotidien, ce que j’ai apprécié, c’est qu’il gère bien les environnements imparfaits. Je peux laisser la fenêtre entrouverte sans que chaque voiture qui passe ruine l’enregistrement, ce qui n’était pas le cas avec un micro à condensateur. Ce n’est pas parfait, clairement un clavier bruyant reste audible, mais pour un usage streaming / voix-off dans une pièce normale, on est sur quelque chose de confortable à vivre, sans devoir se transformer en ingénieur du son à chaque session.
Matériaux et solidité : ça respire la longévité
Sur la partie matériaux, le RE320 donne une impression de solidité assez nette. Le corps est entièrement en métal, avec une peinture qui ne marque pas trop les traces de doigts. La grille est costaude, on n’a pas l’impression qu’elle va se déformer au premier choc. Je ne me suis pas amusé à le faire tomber, mais en le manipulant, on sent que c’est pensé pour encaisser les montages/démontages répétés en studio ou en radio.
Le filetage pour la pince est standard et ne donne pas l’impression de jeu ou de fragilité. La pince fournie fait le job, même si pour un micro de ce poids, je préfère un support un peu plus sérieux ou un shock mount dédié si on est vraiment pointilleux sur les bruits de manipulation. Après quelques semaines d’usage quasi quotidien (sessions de plusieurs heures), aucun bruit parasite interne, pas de jeu dans le switch de courbe, rien qui grince ou qui semble se desserrer.
Un point à noter : comme il n’y a pas de suspension interne ultra avancée, la longévité dépendra aussi beaucoup de votre support. Si vous l’accrochez sur un pied cheap posé sur une table branlante, vous allez entendre tous les chocs, et ça donnera une impression de fragilité alors que ça vient surtout du reste de la chaîne. Sur un bras stable, il ne bouge pas, ne vibre pas, et on sent qu’il peut rester là des années.
Globalement, pour le prix, je trouve la construction très rassurante. On n’a pas l’effet "jouet" de certains micros moins chers, ni la sensation que le switch ou la grille vont lâcher rapidement. Si vous comptez l’utiliser longtemps pour du podcast ou du streaming régulier, on est clairement sur un produit qui semble taillé pour durer, à condition de ne pas lui mettre des coups de pied ou de le démonter toutes les semaines.
Performance sonore : clair, efficace, mais un peu brillant
Sur la voix parlée, le RE320 donne un son assez clair et direct. Comparé à un SM7B, ça tire plus vers les aigus, avec plus de présence et un côté moins "étouffé". Si vous aimez les voix très rondes et sombres, vous allez peut-être préférer le SM7B ou le RE20. Par contre, pour du streaming, c’est assez pratique : la voix ressort bien dans le mix sans pousser trop l’EQ. Les sibilances (les "s" un peu agressifs) peuvent être plus marquées si vous avez déjà une voix qui siffle, donc un léger de-esser dans le mix aide bien.
Là où il est intéressant, c’est sur la rejection du bruit ambiant. En pratique, avec un gain autour de 40–45 dB et la bouche à 5–10 cm de la capsule, il chope peu de bruit de pièce par rapport à un SM7B qu’on est obligé de pousser plus fort. Dans mon cas, un frigo dans le couloir et un PC avec ventilateurs étaient bien moins présents qu’avec le SM7B à gain équivalent de sortie finale. Ça ne fait pas disparaître les bruits de clavier mécanique ou les clics de souris, mais ça reste mieux qu’un micro large membrane ou un dynamique très gourmand en gain.
Le switch "insta-kick" fait vraiment ce qu’il promet sur une grosse caisse ou un ampli basse : les bas sont plus mis en avant, les médiums creusés, ça sonne tout de suite plus "mixé" sans toucher à l’EQ. Pour un setup home studio simple, ça permet de poser un kick correct sans se prendre la tête. Sur la voix, ce mode est moins adapté, ça sonne un peu creusé et moins naturel, donc je resterais sur la position voix pour tout ce qui est podcast / live.
Globalement, le micro réagit bien aux dynamiques : quand on parle plus fort, ça tient sans saturer, et le niveau de sortie est assez confortable pour ne pas massacrer le préamp d’une interface milieu de gamme. Ça reste un micro qui apprécie une bonne carte son, mais on n’est pas obligé d’avoir un préamp à 500 € pour que ça sonne propre. Pour résumer : son clair, typé broadcast moderne, très exploitable pour la voix parlée et assez polyvalent pour enregistrer aussi une batterie ou un ampli sans changer de micro.
Ce que propose vraiment le RE320 sur le papier
Concrètement, le RE320 c’est un micro dynamique XLR cardioïde, avec une technologie maison appelée Variable-D censée limiter l’effet de proximité (le grave qui gonfle quand on se rapproche). Il couvre grosso modo de 30/40 Hz à 15 kHz, donc largement assez pour la voix et la plupart des instruments. Il y a un switch à deux positions : une position "voix / général" et une position avec une courbe dédiée grosse caisse (le fameux "insta-kick"). En vrai, ce switch change vraiment la couleur du son, ce n’est pas un gadget.
Sur la fiche, on voit aussi qu’il a une bobine humbucking pour réduire les parasites électriques et des filtres anti-pop intégrés. Ça, c’est plutôt cohérent avec l’usage radio / podcast : on parle très près, on bouge un peu autour du micro, on veut éviter les gros "P" qui explosent et les ronflettes. Le micro est annoncé comme un truc "pro" pour radio, studio, sonorisation live, etc., mais perso je l’ai surtout utilisé dans un contexte home studio/streaming, ce qui est aussi ce que font la plupart des gens qui s’y intéressent aujourd’hui.
Par rapport au SM7B, le point important c’est le niveau de sortie. Le RE320 sort plus de niveau, donc on n’a pas besoin de monter le gain comme un porc. Sur ma petite interface (type Focusrite / Audient), je suis vers 40–45 dB de gain, là où le SM7B me poussait quasiment au max, avec du souffle qui arrive vite. C’est un détail sur le papier, mais dans une vraie config de bureau, ça change tout : moins de bruit de fond, moins besoin de Cloudlifter ou FetHead.
En gros, sur le papier, le RE320 se place comme un entre-deux : plus accessible et plus simple à driver qu’un SM7B ou RE20, mais avec une vraie signature "broadcast" et assez de polyvalence pour la voix et les instruments. C’est ce que j’ai essayé de vérifier en usage réel : est-ce que ça tient la route sans matos haut de gamme derrière, ou est-ce que c’est juste un micro de plus qui a l’air pro mais qui devient pénible dès qu’on sort d’un vrai studio ?
Points Forts
- Niveau de sortie assez élevé pour éviter un préamp ou booster de gain dédié dans beaucoup de configs
- Son clair et précis, bien adapté au streaming et à la voix parlée dans une pièce non traitée
- Bon rejet du bruit ambiant et switch de courbe pratique pour passer de la voix à la grosse caisse ou aux instruments
Points Faibles
- Assez lourd, demande un bras de micro solide et idéalement un bon support pour limiter les bruits de structure
- Signature sonore un peu brillante qui peut accentuer les sibilances sur certaines voix
Conclusion
Note de la rédaction
Au final, le Electro-Voice RE320 est un micro qui fait bien le taf pour ceux qui veulent un son de type "radio" sans se prendre la tête avec des préamps monstrueux. Son gros point fort, c’est le compromis entre clarté, rejet du bruit et niveau de sortie. Dans une pièce non traitée, avec une carte son correcte, on obtient un résultat propre pour le streaming, le podcast ou la voix-off, sans devoir passer trois heures en post-traitement. Il est plus brillant qu’un SM7B, donc ça ne plaira pas à tout le monde, mais pour la voix parlée moderne, ça marche bien.
Ce n’est pas parfait non plus. Il reste sensible aux bruits de table si votre bras n’est pas top, il demande quand même de se placer assez près, et le prix peut piquer pour un usage très occasionnel. Si vous cherchez juste un micro pour discuter avec des potes ou faire un live de temps en temps, c’est clairement trop. Par contre, si vous faites du contenu régulièrement, que vous voulez un micro qui tienne plusieurs années et qui puisse aussi servir pour une batterie ou un ampli, là il devient intéressant.
En gros : pour un home studio sérieux mais pas pro, je le trouve plus logique qu’un SM7B, surtout si vous n’avez pas envie de rajouter un préamp externe. Ceux qui veulent une voix plus sombre et ronde regarderont plutôt le RE20 ou le SM7B. Ceux qui veulent un bon équilibre entre simplicité, polyvalence et son clair peuvent partir sur le RE320 sans trop de regrets.